Optimiser une tournée de DPE quand on couvre 3 départements
Vous avez 18 diagnostics à planifier sur la semaine. Trois départements. Un seul véhicule. Voici les trois méthodes que les diagnostiqueurs utilisent réellement, et celle qui finit par s'imposer.
Le problème, en chiffres
Un DPE prend en moyenne 60 à 90 minutes sur place. Ajoutez à cela la prise de RDV (créneau imposé par le client), la durée du trajet, l'imprévu. Sur 18 visites étalées entre Saône-et-Loire, Côte-d'Or et Jura, le « bon » planning, c'est celui qui :
- respecte chaque créneau client (souvent un demi-jour ouvré),
- limite les retours à vide,
- garde une pause déjeuner décente,
- laisse une marge si le client n'est pas là à l'heure.
Méthode 1 — la carte papier (encore courante)
On colle des post-it sur une carte IGN. Ça marche pour 5–6 visites groupées. Au-delà, l'œil humain trouve un ordre plausible, rarement optimal. Le problème : on confond la distance vue d'en haut et le vrai temps de trajet — qui dépend du type de route, des limitations, du trafic.
Méthode 2 — Google Sheets et calculs manuels
Une feuille avec adresse, créneau, durée. On trie par code postal, puis on ouvre Google Maps pour vérifier l'ordre. Méthode honnête, mais :
- elle ignore les contraintes croisées (« l'étape 4 dépend de la 7 si on passe par la 3 »),
- elle ne gère pas les pauses,
- elle vous prend une heure et demie pour un planning qu'il faut refaire à chaque ajout d'étape.
Méthode 3 — un solveur dédié
Un vrai solveur d'optimisation de tournée (Vehicle Routing Problem, VRP) pose le problème comme une optimisation mathématique :
« Étant donné N étapes, leurs créneaux, leurs durées d'intervention, et un véhicule qui part de A — quel ordre minimise le temps total tout en respectant les contraintes ? »
La différence est qualitative, pas seulement quantitative. Sur un test fait par un diagnostiqueur lyonnais (placeholder) :
- Méthode manuelle : 7 h 42 de roulage cumulé.
- Solveur dédié : 5 h 55. Soit 1 h 47 économisées par jour, sans baisser la qualité du service.
Le piège des solveurs grand public
Beaucoup d'apps « d'optimisation » utilisent en réalité une heuristique gloutonne (« le plus proche d'abord »). Ça fonctionne sur 5 étapes, ça craque sur 15. Un solveur sérieux emploie des métaheuristiques (recherche locale, Lin-Kernighan) qui trouvent un optimum local très proche du global, en quelques secondes.
Le second piège : les apps qui ne gèrent pas le multi-jours. Pour 22 visites sur 4 jours, l'utilisateur doit alors couper manuellement la tournée — exactement le problème qu'on essayait de résoudre.
Multi-jours et hôtel pivot
Quand la tournée déborde sur deux jours et plus, le solveur doit choisir où dormir. La bonne app vous propose un hôtel pivot — typiquement le centroïde géographique des étapes restantes — et calcule J2 et J3 depuis là. C'est ce que fait Drive Optimise, avec un bonus heures pour le J1 si le trajet aller est long.
En pratique
Notre conseil pour qui découvre : posez vos étapes brutes, créneaux compris, dans une feuille Excel. Importez-la. Laissez le solveur tourner 5 secondes. Comparez avec votre planning manuel. Si vous gagnez plus d'une heure par jour, le calcul est vite fait.
L'optimisation n'est pas magique, mais elle libère le cerveau pour ce qui compte vraiment : bien faire les diagnostics.